Quand j'étais jeune, mes héros et mes modèles étaient Albert Einstein, Leonardo Da Vinci, Stephen Hawkin... tant de génies qui ont marqué l'histoire par leurs accomplissements. Au fond de moi, j'avais cette impression, probablement plutôt présomptueuse, que j'étais un génie et que je passerais à l'histoire. Pourtant, j'avais aussi l'impression que par mes simple capacités, par mon propre potentiel, celui-ci resterait étouffé à jamais. Plusieurs personnes m'ont dit que je ferais de grandes choses dans ma vie. C'est touchant, vraiment. Ça met de la pression aussi, cela va sans dire! Mon oncle m'a un jour dit qu'il m'imaginait en train de sauver des vies. En imaginant mon avenir, je me demandais comment je pourrais marquer l'histoire, tout en ayant la certitude que pour le faire, il me faudrait probablement vivre malheureux.
Puis, j'ai réalisé que peu importait ce qui suivrait. Ma vie est ma vie, et si je veux appliquer mon potentiel à quoi que ce sois, c'est à vivre en étant heureux. À une époque, vivre heureux me semblait impossible, et il me semblait qu'être heureux était même incompatible avec notre monde moderne. Le monde primitif était bien plus simple, et il me semblait que la seule manière de vivre heureux aurait été de revivre comme à l'époque du paléolithique, en chasseur cueilleur. Puis, certains changements majeur se sont opéré dans ma vie, et j'ai découvert que le bonheur était possible où que nous soyons. De plus, j'ai réalisé que j'occupais une place de choix dans la société, et que j'avais la chance de posséder tous les outils pour m'épanouir dans ce monde.
Au début, j'hésitais à imaginer mon futur dans le monde actuel. Après tout, qui sait quelle catastrophe pourrait venir tout bouleverser et chambouler alors mes rêves et mes espoirs. Mais en y réfléchissant, cette possibilité n'était pas une barrière rendant le choix d'une carrière impossible dans ce monde. Il me fallait juste choisir la bonne. Or, s'il existe une profession qui, de tous temps, de tout régime ou de toute situation sociale, culturelle et économique, restait essentielle et respectée, c'était la profession de médecin. Peu importe la société, celui qui sait comment sauver des vie sera toujours un élément essentiel. Même en pleine guerre, où tout est détruit sans ménagement, on prend soin de nos médecin. À la lueur de ceci, j'ai pu voir en quoi consisterait mon avenir professionnel. La science m'a toujours fasciné, tout comme la biologie. Je sais que j'aurai beaucoup de plaisir dans cette direction.
De plus, je veux savoir comment prendre soin de ma propre vie. Sachant que les chances sont quasi nulle pour que rien ne se trouve après cette vie, je sais que je veux vivre vieux. Je veux savoir comment vivre vieux, tout simplement. Si c'était possible, je voudrais vivre éternellement! Vive la vie! Et bien sûr, qui serait mieux placer pour arriver à ce résultat autre qu'un médecin? C'est donc cet avenir qui semble se profiler devant moi, et plus j'en parle, plus j'y pense, plus j'ai le sentiment que c'est bon...
D'ailleurs, ma profession ne serait pas le seul élément de cette vie future, je sais aussi que je veux vivre près de la nature, de préférence avec un bon revenu, bien qu'une vie simple ne me dérangerait pas. Je veux vivre une vie stable, et fonder une famille avec la femme que j'aime. Je veux des enfants, que je veux voir grandir. Voir mes petits-enfants, mes arrières petits-enfants. Si je ne devait pas trouver comment arriver à l'immortalité, je pourrais au moins profiter de la forme d'immortalité que la nature met à notre disposition, la perpétuation de mes gènes... et de mes valeurs. Je veux aussi trouver un équilibre personnel, pratiquer un sport de façon régulière, m'exprimer à travers les arts. Je veux écrire, aussi. Des écrits de philosophie, peu importe qu'ils passent à l'histoire ou non, des récits aussi. Je veux transmettre toutes ces histoires folles qui se trouvent dans ma tête. Je veux léguer quelque chose au monde, laisser ma trace, tout en vivant dans cette vie de manière aussi active que possible.
Ça fait beaucoup de choses, mais c'est pourtant ce à quoi j'aspire. Dans un coin de mon esprit, je suis aussi conscient que tous ces rêves pourrait être balayé bien rapidement, que tout ceci ne tient qu'à bien peu. Si cela devait arriver, j'aurais tout de même la conscience tranquille, si celle ci devait survivre d'une manière ou d'une autre à la fin de mes rêves. Peu importe ce qui arrive dans la vie, la vie ne sert qu'à être vécu. Et pour la vivre, le meilleur moyen est d'avoir des rêves. Les rêves sont des moteurs qui nous poussent et nous soutiennent. Si la vérité est introuvable, et que l'idéal n'existe pas, peu importe, c'est avec plaisir que je la poursuivrai. Pas pour trouver le bonheur, parce le bonheur est ici même, à mes côtés, dans ma tête. Non, je le poursuivrai simplement parce que j'en ai envie, et voilà ce qui est merveilleux. Le monde est beau. Oui, rempli de choses laides, mais peu importe les choses laides. Elles ne sont là que pour mieux faire briller sa beauté.
Croire en l'humanité? Peut-être, pourquoi pas? Croire en l'avenir? Qu'est-ce que ça nous coûte? Qu'est-ce qu'on y risque? Tant qu'on est conscient qu'il ne s'agit que de rêves, que l'ont peu les distinguer de la réalité, ces rêves ne peuvent qu'apporter du bonheur, plus de bonheur! Et à la limite... de la déception, si on a commit l'erreur de prendre nos rêve pour la réalité en cours de route. Il y aura de la souffrance, sans aucun doute. Mais le chemin qui mène vers la fin de ma vie, dans son ensemble, et beau. Je n'en ai aucun doute.

